Association BrailleNet
Assemblée Générale du 23 juin 2008
Cité des sciences et de l'industrie - Carrefour Numérique
Salle AGORA – 13h30 –
16h00
30, avenue Corentin-Cariou - 75019 - Paris
Rapport Moral et Financier pour l’année 2007
Durant l’année écoulée, l’association BrailleNet a mené ses activités conformément aux objectifs décidés lors de son Assemblée Générale du 18 Juin 2007 (rappelés ci-dessous)
– Continuer les échanges avec W3C/WAI
– Poursuivre l’effort de formation
– Développer Euracert – Pays-Bas – UK - Autriche
– Etendre le schéma à d’autres pays (Tunisie)
– RGAA : référentiel général d’accessibilité de l’administration (application de l’article 47 dans la loi du 11 février 2005) – Phase de commentaires – basé sur UWEM, compatible AccessiWeb.
– Finaliser la lecture sécurisée de livres au format PDF avec utilisation d’une clé USB.
– Etendre les conventions avec les éditeurs du prêt numérique (SCELF)
– Poursuivre les discussions avec les pouvoirs publics pour la création un service national de lecture (Loi DADVSI 1er août 2006)
– Développer les partenariats francophones
– Intensifier les échanges avec d’autres projets analogues, notamment Daisy, Bookshare Tunisie.
– TECHSHARE – Londres – Octobre 2007
– Colloque BrailleNet - Cité des Sciences en janvier 2008
– ICCHP 2008 – Linz – Juillet 2008
– Poursuivre et renforcer les actions en France
– Développer les partenariats à l’étranger (Tunisie)
– Harmonisation européenne
– relancer des actions dans le domaine de la recherche par le biais de projets européens et francophones.
Durant l’année écoulée l’Association BrailleNet
- a poursuivi sa participation à l’initiative WAI (Web Accessibility Initiative) en oeuvrant au sein du Working Group « Education and Outreach » de WAI (dont Sylvie Duchateau est membre) ;
- a continué ses actions pour le développement du label d’accessibilité, AccessiWeb, en formant des experts du secteur public ou privé (www.accessiweb.org ). Plus de 60 experts AccessiWeb ont été formés. Fin avril 2008, le GTA comptait 237 (185 en 2006) experts AccessiWeb issus de 163 (130 en 2006) organismes différents ;
-
la barre AccessiWeb, barre d'aide à l'évaluation des 92 critères
AccessiWeb, développée avec Vision Australia (créateur de la AIS toolbar) a été
téléchargée 4837 depuis la mise en ligne de la barre : le 19 juillet 2006
(gratuit en téléchargement et utilisation). .
http://www.accessiweb.org/fr/groupe_travail_accessibilite_du_web/barre_accessiweb/
- le Guide AccessiWeb (mis en ligne le 30 août 2006) ; à ce jour, on enregistre 4436 téléchargements
http://www.accessiweb.org/fr/groupe_travail_accessibilite_du_web/guide_accessiweb/
- a continué de modérer la liste de diffusion accessibilité-numérique créée par BrailleNet, outil de communication très utilisé par plus de 325 (280 en 2006) inscrits, soit une progression de 15% des inscrits;
- a organisé, avec la Cité des Sciences et de l’Industrie, deux séminaires techniques AccessiWeb très largement suivis (50 experts par séminaire en moyenne);
- a labellisé 9 sites Web de mai 2007 à avril 2008, (liste disponible sur le site Accessiweb - la galerie comporte 32 sites labellisés) : http://www.accessiweb.org/fr/Label_Accessibilite/galerie_sites_web_accessibles/
- a lancé le label d’accessibilité des sites Web, Euracert, en application projet européen Support-EAM (www.support-eam.org) et du CEN Workshop Agreement du Comité Européen de normalisation (CWA n° 15554:2006). Trois pays ont adhéré (Belgique, Espagne, France), d’autres ont été contactés (www.euracert.org)
- a lancé le chantier d’évolution de la méthodologie AccessiWeb devant déboucher sur une version V1.1 en mai-juin 2008. Cela représente un gros travail puisque cela affecte la documentation Accesssiweb, la méthode de travail des experts, les formations et les outils d’évaluation. Le groupe de travail AccessiWeb (GTA) qui compte plus de 200 experts appartenant à plus de 150 organismes professionnels est associé à ce travail. L’importance de ce chantier est donc de faire la démonstration que cette communauté professionnelle est capable de faire évoluer collectivement son expertise sur l’accessibilité du Web.
Durant l’année écoulée l’Association BrailleNet
- a poursuivi ses travaux avec l’INRIA, l’Université Pierre et Marie Curie, et l’INSERM, et des partenaires industriels (Aladdin, Adobe) pour la diffusion sécurisée de fichiers numériques accessibles sous différents formats. Le soutien de la société Alcatel-Lucent au projet a été renouvelé. Il permettra, notamment, de développer des recherches visant à faciliter l’accessibilité aux documents pour des personnes aveugles ou malvoyantes dans le cadre de leur insertion professionnelle, et de développer progressivement le fonds de livres de la bibliothèque Hélène (par exemple avec des ouvrages liés à l'informatique, aux télécommunications, mais aussi à l'emploi) ;
- a renforcé ses échanges avec les éditeurs dans la perspective de l’application de la loi DADVSI du 1er Août 2006, dont l'exception en faveur des personnes handicapées conforte le modèle technique et contractuel proposé par le serveur Hélène. Une extension de la convention au droit de prêt numérique a été proposée et agréée par la SCELF ; ces nouvelles dispositions sont appliquées par les maisons d’édition adhérentes de la SCELF.
- a développé le fonds d’ouvrage du Serveur Hélène (www.serveur-helene.org) et de la Bibliothèque Hélène (www.bibliotheque-helene.org);
- a poursuivi sa participation au projet EUAIN (www.euain.org) qui s’est terminé en octobre 2007.
Durant l’année écoulée l’Association BrailleNet
- a présenté des communications lors de plusieurs conférences internationales ACP 2007 (Bruxelles), Techshare 2007 (Londres), CSUN 2008 (Los Angeles), et participé à la Fête de l’Internet (Cité des Sciences et de l'Industrie) ;
- a organisé un colloque international avec la Cité des Sciences et de l’Industrie, sous le Patronage de Monsieur Nicolas Sarkozy, le 28 janvier 2008, sur le thème " Livres électroniques accessibles: une chance pour les personnes handicapées ". Ce colloque a réuni 220 participants. Il a reçu le soutien de plusieurs sponsors privés. Les actes sont disponibles en ligne: http://inova.snv.jussieu.fr/evenements/colloques/ebooks/Actes/
Durant l’année écoulée l’Association BrailleNet a mené des actions de formation en direction des usagers de la Médiathèque de la Cité des Sciences et de l'Industrie, des webmestres de la fonction publique, des développeurs de technologies Internet de société privées, et des personnels des organismes membres de l’association
Durant l’année 2007, l’association BrailleNet a poursuivi et consolidé des actions en faveur de l’accessibilité numérique en France et en Europe. A l’occasion de son 10ème anniversaire il est opportun de faire un bilan global et de réfléchir aux perspectives qui s’ouvrent pour l’association.
Depuis 1997, en s’appuyant largement sur des actions de recherche et des financements européens et/ou industriels, l’association BrailleNet a largement contribué:
1. par les actions menées dans plusieurs établissements scolaires, notamment les projets Etape et Vickie, à développer les conditions d’accès à Internet dans les écoles, les universités et les centres de formation intégrant des personnes handicapées visuelles;
2. grâce au projet Vickie et au serveur Hélène, à développer et/ou adapter les supports d'enseignement accessibles sur le Web;
3. par le biais de ses colloques annuels, à développer et/ou adapter des logiciels et matériels adaptés aux personnes handicapées visuelles pour l'accès à Internet;
4. grâce à AccessiWeb, à encourager l'accessibilité des contenus sur le Web aux personnes handicapées visuelles pour l'accès à Internet.
Il ne fait donc aucun doute que BrailleNet a œuvré conformément à sa mission.
Ainsi, BrailleNet a été une force de proposition et a contribué à sensibiliser les pouvoirs publics en matière d’accessibilité numérique. Ses réalisations concrètes ont servi de référence, et ont pesé sur les discussions qui ont conduit à des dispositions légales en faveur des personnes handicapées en France, notamment la loi du 11 février 2005, et celle du 1er Août 2006 (DADVSI).
Deux nouveaux services destinés d'une part à la lecture et l'édition adaptée (serveur et bibliothèque Hélène), d'autre part à des acteurs professionnels du Web (AccessiWeb), ont été mis en place et sont gérés par BrailleNet. La demande pour ces services va en s’accroissant.
Ajoutons à cela que les colloques BrailleNet ont acquis une audience internationale.
On observe également que l’action s’est sensiblement - et logiquement - déplacée du champ de la recherche vers celui des services.
La question de l’avenir de BrailleNet est aujourd’hui celle du développement et de la consolidation des services autour du serveur Hélène, et d’Accessiweb :
Depuis sa création en 1997, l'association BrailleNet a mené une action en profondeur en faveur de l'accessibilité du Web en France. BrailleNet a joué un rôle pionnier dans la démonstration qu’un système qualité au service de l’accessibilité du Web, pouvait être mis en place à l’échelle française:
- actions d’information et de sensibilisation,
- diffusion des recommandations internationales,
- mise en place d’outils pratiques pour l'implémentation effective des normes internationales d'accessibilité. (référentiels techniques, guides, outils logiciels, formations, audits, ..).
BrailleNet a participé à plusieurs projets européens concernant l’accessibilité du Web, dont certains en partenariat avec W3C (WAI, WAI-DA, WAI-TIES). BrailleNet a coordonné SUPPORT-EAM et à ce titre participé au WAB Cluster et coordonné un CEN Workshop, dans le but de favoriser l’harmonisation des bonnes pratiques.
BrailleNet a été cité à plusieurs reprises comme une référence dans les discours officiels[1], et son travail a inspiré les rédacteurs de l’article 47 de la loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées »
- Lancement de WAI par W3C en 1998
- Publication des WCAG1.0 en 1999
- Reconnaissance par la France en 1999 (circulaire du premier ministre)
- Reconnaissance par l’Europe en 2002
Les WCAG1.0 sont devenus une référence technique dans de nombreux pays européens, ayant valeur quasi normative. De nombreux services se sont développés dans plusieurs pays, dont AccessiWeb en France
Depuis 2002, le département « Accessibilité Numérique » de BrailleNet a développé des actions dans plusieurs domaines[2] :
- mise en place d’un schéma-qualité pour l’accessibilité des services en ligne : AccessiWeb (www.accessiweb.org). Ce schéma propose plusieurs types d’instruments complémentaires : documentation techniques, méthodologie d’évaluation, outil de gestion des audits, audits, développement de la sous-traitance, sensibilisations, formations, etc …
- mise en place d’un schéma d’harmonisation européenne Euracert (www.euracert.org)
- mise en place et animé un groupe expert sur l’accessibilité du Web, le Groupe de Travail AccessiWeb (GTA). Il regroupe des professionnels du Web capable de réaliser des services numériques accessibles. 220 personnes provenant de près de 150 organismes (chiffres du 10 janvier 2008).
Le démarche de BrailleNet pour la mise en place d’un schéma de labellisation du Web a été validée officiellement par la décision du CISI 10 Juillet 2003 et AccessiWeb a été intégré en 2004 au référentiel d’accessibilité de l’administration.
Cette loi marque une étape puisque qu’elle fait obligation aux « services de communication publique en ligne des services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent [d’] être accessibles aux personnes handicapées ». Cette loi a un double impact sur AccessiWeb :
- En dépit du fait que le décret d’application n’a toujours pas été publié, cette obligation légale a eu un impact indéniable. L’obligation d’accessibilité, voire la conformité aux critères AccessiWeb, est mentionnée dans de plus en plus d’appels d’offre publics
- Le fait que la DGME, a l’inverse de ce qui se passe dans d’autres pays, ne propose pas une panoplie cohérente d’instruments pour traiter du problème, fait que AccessiWeb est la référence pour de nombreux prestataires du Web[3] :
- W3C/WAI : les WCAG1.0 ont été publiés en 1999 et restent officiellement la référence du W3C pour l’accessibilité du Web. Cependant il est vraisemblable quie les WCAG2.0 soient officialisés en 2008 ou 2009. Les travaux en cours sur les WCAG2.0 ont pour objectif de rendre compte des évolutions technologiques survenues depuis 1999 et de fournir un cadre plus précis pour tester la conformité d’un service Web aux recommandations d’accessibilité.
- L’évolution des technologies du Web est importante et va s’accélérer. Elle se caractérisent pour la partie applicative par des sites moins statiques, réalisés à partir de composants de plus en plus sophistiqués (appelés aussi mash-ups), ayant des origines diverses. De plus en plus les applications Web auront l’apparence et la complexité des applications stand-alone.
- L’accès aux services numériques se fera de plus en plus sur des plateformes mobiles ;
- L’accès aux servicex numériquex concerne tous les publics et n’est plus limitée aux seuls pays « riches » ;
- Les seniors sont de plus en plus des consommateurs de services numériques ;
- L’intérêt des grandes entreprises pour l’accessibilité numérique va en s’accroissant mais ne se limite plus à la question de l’accès pour les personnes handicapées.
1. BrailleNet doit continuer de jouer un rôle d’autorité pour l’accessibilité numérique;
2. BrailleNet doit continuer de faire évoluer l’expertise collective des acteurs de la société numérique en favorisant les échanges et les collaborations techniques (au sein du GTA notamment).
3. La veille technologique et la recherche doivent être remises au premier plan et de nouveaux partenariats doivent être établis.
De 2000 à 2008, l’association BrailleNet a mené une étude approfondie sur les possibilités qu’offrent les NT pour la lecture des personnes handicapées visuelles. Cette étude a pu être menée grâce au soutien de la Direction du livre et de la lecture (subvention et mise à disposition de Catherine Desbuquois). Elle a abouti à la mise en place de deux services expérimentaux : le serveur Hélène et la bibliothèque Hélène. Cette étude a porté sur quatre questions distinctes et complémentaires :
- la possibilité d’une politique contractuelle avec les éditeurs ;
- la protection et la sécurisation de la transmission des fichiers électroniques, qu’ils soient utilisés pour la production d’ouvrages en braille ou en gros caractères, ou pour la lecture numérique ;
- les formats et techniques permettant une flexibilité dans l’adaptation et la production de formats de sortie variés en réponse aux diverses demandes des lecteurs et des organismes les représentant. Notons que l’expérimentation a inclus dès 2002 le format XML Daisy comme format pivot et qu’aujourd’hui ce format est réclamé unanimement par le monde associatif.
- les aspects économiques
Ces questions ont été examinées de manière pratique en mettant en place :
- un guichet unique, pour la collecte et la redistribution des fichiers-éditeurs pour les besoins de l’édition adaptée, qui a fait ses preuves,
- un service aux transcripteurs et une bibliothèque de prêt numérique. Ces deux services sont complémentaires.
Les résultats ont été publiés dans des rapports annuels à la DLL ainsi que dans des colloques internationaux. Ils ont donné lieu à une Note Blanche à la demande du cabinet du Ministre de la Culture (note du 6/07/2006) et à un dossier de synthèse remis à la BnF le 23 février 2007.
Ce modèle certainement a inspiré les rédacteurs de l’article premier de la DADVSI faisant une exception au droit d’auteur en faveur des personnes handicapées
Cette loi marque une étape puisque pour la première fois depuis l’instauration du droit d’auteur dans le droit français, une loi reconnaît un exception à ce droit pour les personnes handicapées. De plus, la loi prévoit l'utilisation des fichiers des éditeurs pour les besoins de l’édition et de la lecture adaptée. Le ministère de la Culture et de la Communication et le SNE (Syndicat National de l'Edition) se sont mis d’accord pour que la BnF soit l’organisme national chargé de la collecte de ces fichiers. Le décret d’application est en cours d’élaboration.
L'association Sésame a ouvert une bibliothèque d'ouvrages numériques réalisés par une équipe de près de 150 personnes bénévoles, "à partir de livres acquis par l'association ou remis par les adhérents et ensuite numérisés et enregistrés". Sésame justifie son action sur la DADVSI
NUMILOG commercialise sur Internet des textes numériques dans différents formats, ainsi que des livres audionumériques, dont il a acquis les droits, et dont il assure le reformatage des contenus et la mise en place des DRM. Il s’appuie sur un modèle économique qui se situe entre l’édition numérique et la librairie en ligne. Il peut vendre ses livres numériques à des bibliothèques publiques qui en assurent le prêt à leurs usagers, comme, par exemple, la bibliothèque publique de Boulogne-Billancourt (service en ligne, appelé BNH, hébergé par Numilog, de prêt de livres numériques et de livres-audio accessibles à toutes les personnes en situation de handicap).
1. Les services de fourniture de fichiers, ouverts par BrailleNet à titre exploratoire, ont fait leur preuves, et font des émules. L’application de la loi DADVSI encourage la création d’autres services sur ce même modèle.
2. Hélène doit donc s’inscrire dans un contexte de complémentarité, plutôt que de « concurrence » ;
3. BrailleNet doit continuer de développer des usages innovants et poursuivre ses recherches techniques. La mise en place d’une chaîne éditoriale « idéale » permettant la fourniture de tous les livres, à tous, aux mêmes prix et dans les mêmes délais, nécessite encore d’investiguer dans deux directions:
· Recherches sur les usages innovants : Développer des techniques et savoir-faire dans la « mise en accessibilité » d’ouvrages complexes et fortement structurés, ouvrages de référence, pour les besoins scolaires, universitaires, professionnels. Préciser le modèle économique : Chiffrer précisément le coût du service pour un tel usage, en affinant le chiffrage précédant.
· Recherche et développement : simplification de l'architecture de la plateforme Hélène en ne gardant que le nécessaire, ajout des fonctions indispensables, intégration du pipe-line Daisy, DRM Daisy ; intégration des fonctions save-as-daisy de MSWord 2007. Etudes sur de nouvelles plateformes de lectures, mobiles notamment.
[1] Presse, Discours d’Hourtin, etc …
[2] on pourra se reporter pour plus de détails au fascicule « Actions et Propositions de par l’association BrailleNet en faveur de l’accessibilité du Web » publié par BrailleNet en janvier 2008
[3] le chantier du RGAA, lancé par la DGME, au printemps 2007, dont la finalité est de moins en moins lisible semble vouée à l’oubli, à moyen ou court terme.