Les
images numériques pour une lecture tactile,

Michel
Le BRIS
Formateur
au Centre National d’Études et de Formation pour l’Enfance Inadaptée
Introduction
L’émergence de
l’édition électronique et du réseau internet constitue
une opportunité pour les personnes handicapées visuelles.
Les développements en cours dans le domaine des sites et des bibliothèques
virtuelles en révèlent le bien fondé. L’essor de ce
réseau peut constituer le support d’une offre en matière
d’image tactile, très supérieure sur le plan quantitatif
à celle autorisée par les moyens dont nous disposons actuellement.
La nécessité de l’augmentation de l’offre actuelle est évidente
: un élève aveugle des cycle de collège et de lycée
peut accéder dans le meilleur des cas à moins de 1/1000 des
documents imagés présentés dans les seuls manuels.
D’autre part nous savons également que des documents identiques
sont produits dans des lieux différents. A partir ces deux premières
remarques qui concernent la réalité scolaire, mais qui peuvent
être étendues à la vie pratique ou à la vie
culturelle, on imagine bien les services qui peuvent être rendus
par internet : fédération de moyens de production aujourd’hui
dispersés, mise à disposition d’images en relief à
« domicile ». Il existe cependant quelques obstacles qui limitent
la vision spéculative que l’on peut se faire de ces progrès.
Le premier est technique
: il n’existe pas pour l’instant de périphériques adaptés
comme pour la restitution du texte ; la consultation d’une image ne peut
se faire qu’après tirage sur un support matériel, ce qui
modifie beaucoup la relation à l’information au regard de la situation
du texte dans le système du réseau.
Le second est économique
au sens large : Le nombre d’images en relief aujourd’hui disponibles est
très faible au regard des besoins potentiels. La tâche est
donc immense. Des priorités éditoriales doivent être
établies. En particulier, dans de nombreux domaines de la vie scolaire,
de la vie culturelle ou simplement de la vie quotidienne, la personne aveugle
ne dispose pas des références minimales autorisant une interprétation
confortable de tout nouveau document. Des collections thématiques
de documents imagés de référence constituent la réponse
à une demande formulée par les professionnels de l’éducation
et de la culture. En même temps il paraît opportun de prendre
en compte les possibilités qu’offre l’informatique pour définir
des modèles de documents ou de composants graphiques adaptés.
Il est possible en effet dans certains registres de documentation graphique
(plans, cartes, schémas..) de définir des éléments
de représentation récurrents. La mise en commun et la mise
à disposition de bibliothèques d’éléments de
cette nature peuvent faciliter de façon significative le travail
des transcripteurs.
Le
troisième tient au statut particulier de l’image tactile : alors
que pour les voyants l’image est utilisée de façon massive
(la tendance est à l’extension) sans susciter de réflexion
particulière, son utilisation par les personnes aveugles est toujours
très limitée parce que son usage est semé d’obstacles.
En même temps on lui accorde des fonctions similaires à celles
qu’elle peut jouer pour les voyants. Or si elle peut jouer un rôle
considérable dans la représentation qu’une personne aveugle
peut se faire de son environnement, cela ne peut être réalisé
que si l’image est conçue ou adaptée aux capacités
de discrimination du toucher, mais aussi à certains traits de l’expérience
perceptive. Les perspectives de développement quantitatif de
la production des images tactiles, ainsi que la forme « distribuée
» de cette production suppose que des critères de qualité
soit définis. Dans ce cadre, nous utiliserons quelques éléments
d’une réflexion qui a été conduite autour de la rédaction
d’un « Guide de l’acheteur public de produit graphiques en relief
à l’usage des personnes déficientes visuelles » par
le comité H du GPEM/AB.
Ce document doit paraître cette année au Journal Officiel.
Image en relief : propositions pour la définition de critères
de lisibilité
Le but de la commission qui a travaillé à
l’élaboration du guide était de rassembler l’expérience
d’acteurs
impliqués à des niveaux différents dans l’utilisation,
l’évaluation, la conception, la réalisation d’images en relief.
L’objectif technique de ce travail a consisté à présenter
les données de cette expérience dans un ensemble cohérent
de critères. Il ne s’agit donc pas de normes, ni d’un guide de savoirs
faire, mais d’un ensemble de recommandations définies à partir
des contraintes qu’impose la lecture tactile d’un document. Nous indiquons
donc rapidement ici la logique de ces recommandations. Nous avons retenu
trois catégorie de critères :
-
Les critères relatifs aux codes graphiques : qui réfèrent
à la compatibilité des codes employés avec l’expérience
perceptive et avec les références des lecteurs aveugles.
-
Les critères relatifs aux éléments graphiques : qui
réfèrent aux spécificités de la prise d’information
des traces matérielles en relief
-
Les critères relatifs à la mise en page : qui référent
au spécificités du parcours de lecture tactile.
Or lire un document graphique fait appel à
plusieurs types d’opérations :
1 Des
opérations externes à la significationde
l’image qui ont trait à la prise en charge des contraintes
du signifiant et de sa réalisation matérielle (les traces
en relief). Cette activité de prise d’informations s’effectue de
façon très différente en modalité visuelle
ou tactile.
Deux facteurs au moins sont à considérer
dans la définition des critères relatifs aux éléments
graphiques :
·«
L’acuité tactile » ou capacité à discriminer
deux traces distinctes. Nous savons que dans le meilleur des cas elle est
de 2.3 mm. Cette valeur est indicative, le braille utilise des espacements
semblables. Pour le dessin les traces sont beaucoup plus variables et l’expérience
du lecteur est plus faible, la valeur permettant une discrimination confortable
doit donc être adaptée à la nature de chaque élément
graphique. De cette capacité découlent également les
performances de la discrimination des textures des traits et des surfaces.
Le graphiste doit donc utiliser lors de son rendu des paramètres
compatibles avec un confort de lecture tactile suffisant. Ces paramètres
concernent la charte des traits (motif, épaisseur, nombre…), la
charte des trames (texture, nombre…), les valeurs des distances de séparation
entre les motifs graphiques.
·Le
rôle spécifique des perceptions kinesthésiques et proprioceptives
dans
la collecte des données spatiales en particulier pour ce qui concerne
les formes et les dimensions. En effet, dans les stratégies de suivi
de contours ou d’enveloppement, l’information est directement issue de
ces deux modalités. Les propriétés géométriques
des entités graphiques (longueur, angle…) doivent, dès lors,
être conçues pour être compatibles avec les capacités
discriminatives de ce système perceptif : par exemple un changement
de direction trop faible ou un segment de contour trop petit seront ignorés.
Une bonne évaluation de la complexité et de la lisibilité
des contours peut être opérée en utilisant une grille
fondée sur l’encombrement de la lettre braille, la complexité
graphique à l’intérieur de chaque cellule ne doit excéder
celle d’une lettre braille.
L’autre aspect particulier
de la prise d’information est relative aux caractéristiques duchamp
perceptif.
·Les
différences principales avec le champ visuel résident dans
sa forme et son étendue. Ces deux composantes dépendent de
la configuration des doigts et de la collaboration des deux mains pendant
la lecture. En lecture globale le champ est plus étendu mais peut
être discontinu, en mode déchiffrage le champ peut être
réduit à la surface des deux index. Cette discontinuité
et cette limitation de la surface du champ conduisent à une lecture
séquentielle qui est marquée par la durée de l’exploration
et un effort permanent de mémorisation et de mise en relation des
informations. La prise en charge de ces aspects par le graphiste va le
conduire à adapter la taille et l’orientation des formats, la densité
d’information de façon à réduire le coût de
la lecture. Dans le même temps il doit faciliter le parcours de lecture
à l’aide d’une mise en page explicite fondée sur des alignements
simples et une relation fonctionnelle entre le texte et l’image. L’ensemble
de ces paramètres répond aux critères relatifs
à la mise en page.
2 Des
opérations internes d'ordre syntaxique
: elles concernent les mises en relation entre les éléments
graphiques qui constituent une figure et entre les figures elles-mêmes.
Ces compétences s’appuient sur une double expérience : l’expérience
de la perception de l’environnement et celle de sa représentation
par les images. Leur origine est donc double : perceptive et culturelle.
Les codes graphiques sont très divers, ils se fondent variablement
sur cette double origine : la photographie représente sans doute
le code le plus motivé par les données de la perception visuelle,
tandis qu’à l’autre extrémité de la classification
un organigramme apparaît totalement arbitraire. La cécité
implique une expérience qui exclut l’espace projectif (même
si, suivant l’âge de la survenue il est possible de s’y référer),
les marqueurs habituels de la perspective (fuyantes, déformation
des angles et des longueurs, masquage) sont en contradiction avec les données
du toucher, tout comme le codage des effets lumineux.
Pour les codes arbitraires (ex : le schéma)
le problème du graphiste est circonscrit : il s’agit d’appliquer
les paramètres définis au point précédent en
préservant le plus possible la structure du code de départ.
L’application de ces paramètres entraîne cependant une diminution
notable de la densité d’information sur un format donné.
Le graphiste doit donc opérer des choix pour réduire la quantité
d’informations ou la répartir différemment.
Pour les codes plus figuratifs le problème
est beaucoup plus compliqué (parfois insoluble suivant la fonction
de l’image) car il s’agit souvent du passage d’un code à un autre.
Le code de destination doit en outre convenir pour la représentation
de données tactiles ou visuelles. Le risque est important puisque
la transformation n’affecte pas seulement l’expression mais aussi le contenu
même de l’image. (Voir ci après dans quels termes le calcul
d’une transcription peut être envisagé). Les critères
relatifs aux codes graphiques concernent donc les aspects spatiaux
des codes employés par exemple : conservation des proportions et
des angles, conservation des entités ; et les aspects sémiologiques,
par exemple : signification des variables tactiles, modalités de
découpage des entités figuratives.
3
Des opérations externes de référenciation qui
ont trait à l’interprétation du signifié. Ces opérations
ne constituent pas seulement le terme de cette interprétation qui
donne lieu à une reconnaissance. Elles collaborent avec les opérations
précédentes dans l’extraction du sens. On admet en général
que ces opérations, fondées sur le patrimoine perceptif et
culturel, procèdent de deux attitudes : une attitude catégorielle
: l’objet figuré appartient à telle classe (« ceci
est un chien »), une attitude différentielle : l'objet figuré
s’y distingue par certains traits affectant les propriétés
reconnues de la classe (« ceci est un fox » : une sous classe,
« ceci est milou » : l’objet est son propre prototype). L’expérience
de chacun est différente. Pour le lecteur aveugle l’objet figuré
est souvent son propre prototype en l’absence de figurations diversifiées.
Les transformations indiquées plus haut pour rendre le code compatible,
renforcent le caractère générique des propriétés
retenues dans la figuration. La solution à ce problème ne
peut pas être réalisée lors de la transcription d’un
document unique, mais dans la conception de séries de documents
venant étayer ou décliner des types d’objets définis.
C’est à partir de ce type de préoccupations que la conception
de collections thématiques de documents imagés de référence
peut
être définie. Ceci constitue un projet éditorial
très ambitieux et très utile.
Transcrire une image : un travail de traducteur
Le travail du transcripteur est donc soumis à
un ensemble de contraintes parfois antagonistes :
·Les
exigences du contexte d’usage et du contenu : par exemple telle carte de
géographie thématique doit contenir les informations suffisantes
et dûment présentées qui permettront à l’élève
d’effectuer la tâche demandée.
·Les
exigences de l’accessibilité : qui conduisent en général
à la réduction du contenu sous la double contrainte de la
compatibilité des codes et des aspects matériels de leur
support.
Cette situation est très semblable à
celle d’un interprète qui doit effectuer la traduction d’un discours.
Chaque langue possède sa propre cohérence. Un traduction
mot à mot ne permet pas de la reproduire. L’interprète doit
donc opérer à la fois sur le plan sémantique et sur
le plan sémiologique. Sa tâche consiste alors à définir
un découpage pertinent dans le message source afin de le restituer
sous une expression satisfaisante dans le langage de destination. Ici s’arrête
la comparaison avec le travail de transcription graphique, car la diversité
des codes graphiques est beaucoup plus grande. Leur structure peut être
très différente. On peut trouver de grands continuum d’expression
comme dans la photographie ou le découpage ne peut s’effectuer sans
affecter le contenu initial ; ex : tel personnage en partie masqué
par un mur placé devant lui devient un homme-tronc isolé
du contexte de départ. L’exemple est caricatural mais représente
bien des situations devant lesquelles peut se trouver le transcripteur
quand le code est très figuratif. A l’inverse on peut trouver des
codes possédant de très petites unités parfaitement
monosémiques comme dans la schématique. En même temps
on doit admettre que les contenus pris en charge par ces codes seront de
nature très différentes : plus le code est structuré
et peut être segmenté en entités plus les propriétés
qu’il permet d’exprimer sont abstraites. Cette organisation que peut présenter
un code graphique est bien entendu un facteur favorisant son accès
par une personne aveugle puisque sont interprétation repose sur
des règles explicites qui peuvent être apprises en l’absence
d’une expérience visuelle, en même temps cela limite le champ
d’application de l’image tactile à des domaines abstraits ou à
des objets génériques, alors que les besoins des personnes
aveugles sont légitiment plus vastes.
Suivant la nature du code de départ le travail
de transcription comportera donc un nombre d’étapes différent
et de complexité variable.
Utilisation des critères de lisibilité au cours des
étapes de la transcription
Plus le code est motivé par les données
perceptives plus le travail de transcription portera sur l’analyse du contenu.
En effet le passage nécessaire d’un code visuel à un code
compatible avec le tact peut conduire à une modification si importante
du contenu que l’image ne pourra plus remplir les fonctions qui lui étaient
dévolues dans le document de départ. Nous proposons dans
le guide une classification des images (essentiellement informatives) fondée
sur l’application de quatre critères permettant d’analyser l’image
sur un plan sémiologique et de décider des opérations
à effectuer lors de la transcription
Propositions pour la constitution de bases de données graphiques
en relief
Le thème des travaux qui nous réunissent
aujourd’hui conduit également à envisager les conditions
nouvelles qui peuvent être créées par l’utilisation
du réseau internet et la numérisation des images tactiles.
Le premier élément de cette réflexion
doit nous conduire à considérer la situation de la production
d’images tactiles telle qu’elle se présente aujourd’hui. Un récent
et très utile recensement conduit par une association d’établissements
fait état de la disponibilité de plus de 3000 documents réalisés
par différents établissements. Les domaines couverts concernent
souvent des disciplines scientifiques et des niveaux scolaires de second
degré. Ces documents sont réalisés à l’aide
de techniques différentes, très peu sont numérisés
et certains ne sont pas numérisables en l’état (les documents
thermoformés par exemples), et d’autre part il existe dans ce fond
de nombreux documents qui comportent un contenu identique. Le constat que
fait apparaître ce travail reflète la situation générale
de la production de l’image tactile en France et dans la plupart des pays
européens, tout domaines confondus (vie scolaire, vie quotidienne,
vie culturelle) : cette production est assurée par des personnes
réalisant un travail passionné en contact local avec leurs
usagers, à l’aide de techniques très variables. Les qualités
locales et circonstancielles de ces produits doivent être reconnues
: il correspondent à la satisfaction d’un besoin défini dans
le temps et dans l’espace. Imaginer l’hébergement sur le réseau
de fonds documentaires imagés pose bien entendu de nombreux problèmes
institutionnels et économiques que nous n’abordons pas dans le cadre
cette présentation.
Constituer des collections de références dans le domaine
scolaire
Sur le plan technique, le passage au numérique
doit inciter à conduire une réflexion sur les aspects quantitatifs
et qualitatifs de ces fonds documentaires. Quels que soit les domaines
d’application de l’image tactile, l’exhaustivité n’est pas réalisable,
pour des question de moyens, mais aussi pour des questions d’usage qui
référent à la fonctions des images, notamment quand
elles jouent un rôle de substitut d’une réalité non
disponible.
Un exemple simple : envisager la transcription de
toutes les illustrations des manuels d’histoire géographie du collège
relève des travaux d’Hercule. Par contre on peut considérer
que malgré l’extrême variabilité des programmes, il
demeure de grands thèmes qui s’appuient sur des références
iconiques constantes (ex : histoire des styles en architecture). Nous sommes
souvent conviés à conseiller des enseignants de collèges
qui accueillent nouvellement des enfants déficients visuels. Une
des questions récurrentes est la suivante : « Existe-il des
collections d’images adaptées dans tel ou tel domaine ? ».
Tout ceci milite en faveur de la constitution de telles collections thématiques.
Favoriser l’éducation perceptive des jeunes aveugles
Parallèlement aux efforts remarquables que
déploient des associations comme l’ANPEA pour développer
l’édition de livre de jeunesse qui doivent être entendus par
les éditeurs, il existe une spécificité de l’édition
électronique dont l’usage est complémentaire du livre. Si
la matérialité du livre apporte beaucoup en terme de plaisir
et d’imaginaire, le fonctionnement de ses aspects figuratifs est nécessairement
limité par les références dont disposent les jeunes
lecteurs dans le domaine des images. Cette situation existe aussi à
l’école primaire où l’image joue une rôle de médiateur
important dans les pratiques.
Nous avons indiqué plus haut l’importance
du patrimoine perceptif et iconique de chacun comme critère d’efficience
des opérations référentielles. Cela se construit sur
une éducation perceptive précoce qui s’appuie sur la découverte
de l’environnement mais aussi sur les représentations de cet l’environnement.
Or le plus souvent telle illustration du livre ne renvoie pas à
une représentation déjà connue. La personne qui accompagne
l’enfant compense généralement par le langage la référence
au signifié. Or ce propos est nécessairement externe à
l’image. Dans ce cas la disposition d’une documentation imagée thématique
peut permettre de donner de la « matière » aux mots.
La nature de ces collections d’images doit être double : d’une part
elle doit permettre de s’approprier les éléments qui conduisent
à la construction d’invariants perceptifs (cela renvoie à
l’attitude catégorielle), mais aussi de façon dialectique
de différencier les objets qui constituent les instances du modèle
(ce qui renvoie à l’attitude différentielle). On peut dès
lors se faire une représentation de cette banque d’images proche
de l’imagier, comportant une exigence langagière très supérieure
aux imagiers courants puisque l’on ne peut plus se satisfaire de la nomination
globale « ceci est un chien » étiquette du dessin de
« Milou », par exemple. La double nomination (graphique et
langagière) des propriétés de l’objet est alors l’instrument
qui permet à la personne aveugle de donner cette matière
aux mots. Ces remarques s’inscrivent bien entendu dans le cadre d’une éducation
perceptive précoce plus globale associant la pratique langagière
à la découverte des propriétés des objets de
l’environnement, à cet égard la « leçon de chose
» demeure une pratique essentielle dans laquelle l’image tactile
constitue un support dont la fréquentation plus grande en prépare
un usage efficient dans la vie future du jeune aveugle..
Fournir des outils et des matériaux adaptés au travail des
médiateurs
Le second aspect auquel il est important de réfléchir
est la chaîne des usagers de l’image tactile. S’il est évident
que l’usager final est toujours la personne aveugle, l’entourage de cette
personne est aussi concerné (parents, éducateurs, accompagnateurs,
voir guide de musée). Le document doit donc aussi être conçu
pour permettre la communication, donc répondre aussi à des
critères de lisibilité visuelle. Mais cela n’est pas le seul
aspect. Plaçons nous par exemple dans le cadre scolaire. Parallèlement
aux documents dont nous venons de parler qui peuvent être utilisés
comme référence à la manière de « La
documentation par l’image », il existe de nombreux supports d’activité
qui correspondent très précisément à la pratique
de l’enseignant. Nombres d’entre eux refont leurs propres cartes en fonction
des objectifs visés, des tâches attendues… La conséquence
de ceci est que la nature des collections définies plus haut ne
peut convenir dans ce type d’usage. Il faut définir une seconde
catégorie de documents adaptables aux besoins du médiateur.
Le document doit être modifiable, donc stocké dans un format
informatique manipulable par un logiciel de DAO. Cependant ce type de modification
peut s’avérer délicat et coûteux en temps. De plus
nous restons dans ce cas attachés à une conception globale
de document. Or, nous l’avons indiqué plus haut certains registres
de dessins sont fondés sur des unités décomposables
(plan, cartographie, dessin scientifique, schéma). L’idée
simple et productive est alors de concevoir par discipline (dans le domaine
scolaire cela peut être circonscrit) des éléments préfabriqués
testés sur le plan de la lisibilité tactile (ex : fond de
carte, symboles de signalétique, de schématique…) . Le médiateur
peut dès lors économiser le temps précieux qui consiste
à tester la validité des figures qui composent son document
et se consacrer à leur combinaison, donc à la constitution
du sens, des données support de la tâche proposée à
l’élève.
Conclusion
L’accès à l’image tactile à
l’aide du réseau internet, se pose en des termes très différents,
au moins sur le plan technique, de celui de l’accès aux informations
textuelles. Cependant les possibilités d’échange qui sont
offertes peuvent contribuer à modifier considérablement la
demande des usagers aveugles et de leur entourage. Qualitativement, le
développement des échanges doit conduire nécessairement
à l’amélioration des termes de la communication. Ceci passe
par la définition de critères de qualité partagés.
Quantitativement l’offre doit répondre à des besoins potentiels
qui émergent de plus en plus explicitement. Les quelques pistes
de production que nous avons esquissées ici représentent
des chantiers importants dont l’utilité est évidente pour
le public déficient visuel. Conçues dans une perspective
plus large ces productions peuvent concerner un public beaucoup plus large
(notamment dans le domaine de l’édition pour la jeunesse).
Liste des organisations ayant participé
à la rédaction du guide
|
AFNOR (La Défense)
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Association « Valentin Haüy » (Paris)
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Association des Instructeurs en Locomotion pour
les Déficients Visuels (Paris)
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Association Nationale des Parents d’Enfants Aveugles
(Paris)
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Centre « Alfred Peyrelongue » (Gironde)
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|
Centre « Alfred Peyrelongue » (Gironde)
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Centre « Guinot » (Val-de-Marne)
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|
Centre « Guinot » (Val-de-Marne))
|
|
Centre « Lestrade » (Haute-Garonne)
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|
Centre National d’Etude et de Formation pour l’Enfance
Inadaptée (Hauts-de-Seine) - Président du Comité H
– Inspecteur d’Académie
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|
Centre Régional de Documentation Pédagogique
– Centre de transcription Braille (Lille)
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|
Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris)
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Comité National français de liaison
pour la Réadaptation des Handicapés -
|
|
Direction des Musées de France (Paris)
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|
Ecole Régionale pour Déficients Visuels
(Nord)
|
|
Ecole Supérieure des Arts et Industries Graphiques
« Estienne » (Paris)
|
|
Edition « Les doigts qui rêvent »(Dijon)
|
|
Etablissement Régional d’Enseignement Adapté
pour Déficients de la Vue (Rhône)
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|
Etude et Développement de Produits et Services
- EOGUIDAGE (Lyon)
|
|
France Télécom (Paris)
|
|
Institut « Montéclair » pour
Déficients Visuels (Maine et Loire)
|
|
Institut des Jeunes Aveugles (Toulouse)
|
|
Institut National des Jeunes Aveugles (Paris)
|
|
Institut Public pour Handicapés Visuels «
Les Hauts Thébaudières » (Loire Atlantique)
|
|
Ministère de l’Économie, des Finances
et de l’Industrie – Chef du bureau du Conseil
|
|
Ministère de l’Economie, des Finances et
de l’Industrie - DAJ-GPEM/AB
|
|
Ministère de l’Education Nationale de la
Recherche et de la Technologie – Président des GPEM/AB (Paris)
|
|
Ministère de l’Emploi et de la Solidarité
– Direction de l’Action Sociale (Paris)
|
|
SNCF - Direction Ile-de-France (Paris)
|
|
Université Lyon 2 /UFR Psychologie – Labo
Perception Cognition Handicap (Lyon)
|