Les services de la bibliothèque virtuelle de l’ABA |
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Association pour
le Bien des Aveugles et malvoyants(ABA)-Suisse
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La constitution d'une archive numérique de livres parlés est motivée par plusieurs raisons :
La production de son analogique deviendra, dans un avenir proche, difficile et coûteuse à utiliser et à maintenir, il est donc indispensable de constituer une archive qui puisse être utilisée dans le futur.
Le transfert de nos archives actuelles dans un format et sur un support qui nous permettent de faire bénéficier nos abonnés des technologies numériques actuelles ou futures, nous pensons tout particulièrement à la technologie DAISY.
La mise à disposition de livres parlés numériques permet d'utiliser Internet comme canal de distribution supplémentaire et d'offrir à nos bénéficiaires un nouvel accès à nos livres parlés.
Dans la réalisation d'une archive numérique, un certain nombre de contraintes techniques et organisationnelles entrent en jeu :
La pérennité de l'archive : Cette contrainte constitue une problématique importante lorsqu'il s'agit de transférer du contenu analogique vers un équivalent digital. Si les bandes et cassettes seront encore lisibles tant que seront disponibles les lecteurs adéquats, le support numérique fait intervenir une " chaîne de dépendance " plus longue. Cette chaîne relie à la fois le support, le format du contenu et sa structure, les dispositifs matériels interprétant les données ainsi que les logiciels et systèmes d'exploitation permettant une utilisation finale du contenu.
Choix du support : La pérennité du support dépend non seulement de sa longévité théorique mais aussi des risques encourus à l'utilisation, au transport et à l'archivage. En outre, la tendance du marché, souvent dictée par les grands producteurs de contenu, n'est pas toujours basée sur les seules caractéristiques techniques. Cela nous a amené à opter pour le CD-R comme support d'archivage.
Choix du format : Le format numérique utilisé pour l'encodage du son devient vite obsolète, il s'agit donc d'éviter le scénario où l'archive devient illisible ou "non-reformatable" à cause de l'absence, de la difficulté de trouver ou de re-développer des programmes adéquats. Pour ces raisons là nous avons opté pour le format wav.
Choix du contenu et de la structure : Un livre parlé est incomplet si ses métadonnées ne sont pas disponibles. Nous avons donc préféré rendre chaque support numérique auto descriptif et donc indépendant de tout catalogue externe. Chaque support contiendra donc, en plus des fichiers sonores, la notice bibliographique au format MARC et une notice de gestion.
Automatisation et simplification des processus de numérisation : La mise en place d'un système de numérisation peut engendrer une surcharge de travail pour les autres services de la bibliothèque. Nous avons donc automatisé un certain nombre de tâches en intégrant notre système de transfert au système de gestion de bibliothèque. Ci-dessous, quelques tâches qui ont été automatisées :
La sélection des livres à numériser.
La planification de l'ordre de numérisation.
La mise à jour, dans le logiciel de gestion de bibliothèque, des notices de livres ayant été numérisés.
La saisie des métadonnées.
Evaluation de l'archive sonore analogique : La numérisation d'une archive analogique offre souvent l'occasion de réaliser une évaluation précise de l'existant. Notre système de numérisation permet d'adjoindre des notes de gestion à tous les ouvrages au cours de la numérisation.
Le fonctionnement du prêt de la BBR est basé sur le concept de la " liste des vœux ". Nos bénéficiaires ne demandent pas en prêt un seul livre mais nous fournissent une liste de livres qu'ils aimeraient recevoir dans les temps à venir. Ils remplissent ces listes à partir de catalogues trimestriels que nous leur envoyons dans l'un des formats suivants : Braille, gros caractères, cassettes ou fichier ASCII.
Les listes des vœux nous parviennent par poste, par courrier électronique ou par téléphone. Le responsable du prêt saisit alors manuellement ces listes dans le compte de prêt de chaque utilisateur.
La BBR dispose d'un système de gestion de bibliothèque (NetBiblio) comprenant entre autre :
Un module de gestion du prêt.
Un module de catalogage.
Un OPAC.
Un WebOPAC - accès au catalogue via Internet (depuis janvier 2002 seulement)
Un des principaux objectifs de notre projet est de fournir un équivalent numérique de nos services traditionnels. Cela comporte :
Une interface web permettant d'accéder directement à notre catalogue.
Une interface permettant la saisie indépendante des listes des vœux.
Une interface permettant l'écoute enligne ou le téléchargement de livres parlés numériques.
Les services en ligne offriront un certain nombre d'avantages à nos bénéficiaires :
Un accès facilité à l'information : Le catalogue en ligne offre des possibilités inexistantes dans nos catalogues actuels, par exemple, la recherche par mot-matière.
Une information à jour : Le catalogue en ligne est connecté à notre système interne et permet à l'utilisateur de retrouver des ouvrages dès leur catalogage sans attendre la parution du catalogue trimestriel.
Un guichet unique : La réunion dans une même interface de la consultation du catalogue, de la saisie de la liste des vœux, de l'écoute du 4ème de couverture, de l'écoute en ligne de l'ouvrage et de son téléchargement rend l'accès à l'information plus aisé et plus performant.
Une indépendance : Un utilisateur handicapé de la vue habitué à naviguer sur Internet ne trouvera pas de difficulté majeure à utiliser seul nos services en ligne, ce qui lui évite de dépendre d'une tierce personne.
L'initiative d'accessibilité du W3C (WAI) fournit un ensemble de directives pour la conception d'interfaces Web pour personnes handicapées de la vue. Elles sont essentielles mais pas suffisantes. Il s'avère que les pages complexes présentent des fonctionnalités de navigation bi-dimensionnelles alors que les moyens auxiliaires actuels limitent l'accès des personnes non requises à un flux linéaire de l'information. Afin de tenir compte des difficultés spécifiques aux personnes malvoyantes, les contrastes, la police de caractère doivent être également pris en considération. Dans notre prototype, nous avons réalisé une bibliothèque virtuelle à la manière d'un site commercial tout en tenant compte des contraintes générales d'accessibilité.
La page de départ permet de retrouver des ouvrages sur la base de plusieurs critères : Auteur, collection, titre… et d'inclure un filtre sur le type de média (Braille, cassette, contenu numérique, etc.). Les items trouvés à l'issue d'une recherche se présentent sous forme d'une liste où chaque ligne contient :
La notice compacte du livre sous forme d'un lien pointant vers la notice bibliographique complète du titre.
Un lien qui permet d'ajouter immédiatement le livre à sa liste des vœux.
Un lien qui permet d'écouter le résumé sonore du livre si celui-ci est disponible.
Un lien qui permet d'écouter le livre en mode " stream " s'il est disponible
Un lien qui permet de télécharger le livre s'il est disponible
Saisie de la liste des vœux : Elle se présente sous forme d'un caddie virtuel. Pour ajouter un livre à sa liste des vœux l'utilisateur commence par rechercher des références dans le catalogue. A côté de chaque livre trouvé, un simple lien lui permet d'ajouter le livre à la liste des vœux. A tout moment, l'utilisateur peut accéder à son caddie dans lequel il peut ajouter, supprimer des livres et choisir de soumettre sa liste au système de gestion de bibliothèque.
Un système d'écoute en ligne accessible : Les utilisateurs peuvent écouter un livre en cliquant sur un des liens d'un livre. Le logiciel de lecture est intégré à la page web (nécessite Internet Explorer et Windows Media Player 7). Il contient tous les boutons standard de lecture, arrêt, pause, etc. Une liste déroulante permet de naviguer d'une cassette à l'autre et un bouton permet de mémoriser la position courante pour une lecture ultérieure.
Après avoir conceptualisé ce prototype, nous avons mandaté l'éditeur de notre système de gestion de bibliothèque afin qu'il nous fournisse un système équivalent qui puisse être fonctionnel dès la fin de cette année. Il ne comprendra pas de système d'écoute en ligne et de téléchargement tant qu'il ne nous est pas permis d'offrir ces services à nos bénéficiaires. La consultation du catalogue en ligne est fonctionnel depuis le début de cette année.
La bande passante augmente, de plus en plus et devient de moins en moins chère. Par conséquent, nous pensons qu'Internet devient un canal de distribution de contenu intéressant, il pourra compléter le prêt classique de livres parlés. Les personnes habituées à utiliser Internet pourraient donc à tout moment utiliser un navigateur pour télécharger ou écouter un ouvrage.
En termes de copyright, le projet soulève une problématique importante concernant le reformatage et la distribution de livres parlés. La facilité avec laquelle le contenu peut être copié et redistribué rend la protection des droits d'auteur fastidieuse. Ce qui n'encourage pas les éditeurs à autoriser ce genre de services. Dans le cadre de ce projet, nous avons essayé d'explorer des solutions techniques qui pourraient gérer ce genre de problèmes. Nous avons testé une solution commerciale existante que nous présentons plus loin.
Un système DRM (Digital Rights Management) est un système de gestion de droits utilisant la technologie numérique et s'appliquant à des propriétés intellectuelles sous forme digitale.
L'évaluation des systèmes DRM existants est influencée par plusieurs facteurs qui peuvent être d'ordre technique, commercial ou organisationnel. Dans cette évaluation, les besoins à la fois des utilisateurs et des fournisseurs de contenu doivent être considérés.
Pour les utilisateurs :
Portabilité. Un des dogmes de la distribution basée sur Internet est la possibilité de fournir partout et à tout moment du contenu numérique. Il serait très contraignant que le système DRM force les utilisateurs à écouter leur livre face à leur PC. Le système doit permettre de transférer les documents sur des dispositifs mobiles.
Persistance des droit. Les utilisateurs ne voudront pas perdre le droit d'accéder à un livre s'ils changent de matériel ou mettent à niveau leur système d'exploitation ou le DRM utilisé. Il doit y avoir un mécanisme pour sauvegarder et restituer ces droits aux utilisateurs.
Facilité d'utilisation. Les utilisateurs ne doivent pas être gênés par des interfaces et des procédures additionnelles à chaque fois qu'ils commandent, utilisent ou transfèrent du contenu vers un autre support. Ceci est d'autant plus vrai si les utilisateurs sont handicapé. Les clients DRM doivent fournir des procédures simples voire transparentes.
Confidentialité. Des informations concernant l'utilisateur et son utilisation du contenu est souvent indispensable pour les mécanismes des systèmes DRM (Distribution des licences, etc.). C'est ce qui les rend impopulaires. Le distributeur doit garantir la confidentialité des données concernant ses utilisateurs.
Pour les fournisseurs de contenu :
Actuellement, il est très difficile de prédire les conditions qui seront imposées par les éditeurs quant à la mise à disposition de contenu numérique en ligne. Cependant, il existe un certain nombre de conditions générales qui doivent en tout cas être garanties.
Incassabilité: Aucun système ne peut prétendre être incassable ou fiable à 100%. La plupart des fournisseurs de contenu s'accordent un seuil à partir duquel il est considéré comme fiable.
Identification des utilisateurs: Les fournisseurs doivent s'assurer que seuls les abonnés ont accès au contenu. Le système DRM doit utiliser des services d'authentification fiables. Dans notre cadre, même si nous disposons de dérogations pour distribuer des livres en ligne, il faudra en tout cas s'assurer que seuls nos bénéficiaires accèdent à nos livres parlés.
Pour réaliser notre système de distribution, nous avons utilisé la solution DRM de Microsoft (WMRM SDK) [7] pour deux raisons. Au moment du choix, elle était la solution la mieux documentée et il était facile d'obtenir des licences pour tester ou développer un prototype. La solution consiste en un ensemble d'outils qui permettent la production et la protection et la restitution de contenu digital. Elle implique les entités suivantes :
Le producteur de contenu : L'organisation ou la personne qui produit le contenu digital (il n'est pas forcément le propriétaire des droits).
L'emballeur de contenu : Cette entité sécurise le contenu avant sa distribution.
Le distributeur de contenu : Cette entité gère la livraison de contenu sécurisé via le site Web ou tout autre support.
L'émetteur de licences. Cette entité émet des licences pour les fichiers emballés. Quand un client requiert une licence pour écouter un livre le serveur de licences génère la clé de décryptage associée au fichier. La licence publiée est liée à l'ordinateur de l'utilisateur.
Le client. Du côté du client, le "media player" contrôle si une licence a déjà été acquise pour le contenu. Si ce n'est pas le cas, le serveur de licences est localisé et contacté. La licence obtenue est attachée à l'ordinateur de l'utilisateur. L'utilisateur a la possibilité (s'il n'est pas limité par les droits) de transférer le fichier sur un dispositif mobile.
Dans notre prototype, les tests ont été faits avec des droits limitant le nombre de fois où les fichiers peuvent être joués. L'émission de licences a été limitée à sa fonctionnalité de base. Nous avons abouti à un certain nombre de conclusions : notre modèle de prêt actuel peut être réalisé mais nécessite d'être complété par des modules de gestion de la distribution des licences. Durant la distribution des licences, certaines interfaces étaient inaccessibles pour des personnes handicapées de la vue. Nous étions obligés d'utiliser une identification silencieuse (faite avant l'accès au contenu) Une autre limite est que la solution n'est pas globale. Seuls les formats propriétaires peuvent être protégés et nous avons besoin d' une solution séparée pour les livres textuels.
Nous avons montré par nos prototypes la faisabilité de nos besoins dans le domaine de la production de contenu numérique et de l'accès aux services en ligne.
Actuellement, la phase de développement du système de numérisation est terminée et nous sommes en phase de tests depuis deux mois. Le lancement de la production est prévu pour début mai.
Concernant les services enligne, le catalogue est fonctionnel depuis le début de l'année. La finalisation de ces services est prévue pour la fin 2003.
Pour la protection du contenu numérique, il reste beaucoup à faire, autant au niveau juridique qu'au niveau technique. La technologie évolue rapidement et nous espérons que dans une ou deux années, des solutions fiables et financièrement abordables seront sur le marché.
Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants,
34, Place du Bourg-de-Four,
1204 Genève, Suisse
ktaha@abage.ch
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